Comment qualifieriez-vous ce budget 2018 ?
C’est un budget responsable et déterminé. Il est la traduction de notre volonté de maîtrise de nos dépenses tout en maintenant un niveau d’investissements conséquent, notamment pour les voies de communication (modernisation du réseau routier et déploiement du Très haut débit) mais également la rénovation des collèges, des centres de secours et d’incendie, des casernes de gendarmerie…, tous ces équipements qui incarnent le service public, surtout en milieu rural. Le tout sans augmentation de la fiscalité, contrairement à l’an passé où la Chambre régionale des comptes nous avait imposé une hausse. Nous avons refusé cette année de recourir à ce levier. Les taux d’imposition restent donc stables car nous refusons de faire payer aux lot‑et‑garonnais la défaillance de l’État, qui ne rembourse pas suffisamment les dépenses de solidarité nationale que le Département assume pour son compte.
Quels sont les grands principes qui ont prévalu pour élaborer ce budget ?
Fait nouveau cette année, nous avons été contraints de respecter un cadre budgétaire tout à fait différent, imposé par le Gouvernement aux 322 collectivités territoriales les plus importantes de France, dont le Département de Lot‑et‑Garonne fait partie, afin de contribuer encore davantage au redressement des comptes de la Nation. Cela nous oblige à limiter nos investissements à 45 millions d'euros et de limiter la hausse de nos dépenses de fonctionnement à 1,2 % inflation comprise. Nous n’avons pas eu de difficultés pour répondre aux exigences sur le fonctionnement, car nos dépenses sont bien maîtrisées. Notre Département fonctionne mieux et moins cher qu’ailleurs. À titre d’exemple, les charges liées à la masse salariale sont inférieures de 20 % à celle des Départements comparables. Par contre, nous déplorons de devoir limiter nos investissements, alors qu’ils sont essentiels pour l’avenir du territoire et de ses habitants ! Le Département de Lot‑et‑Garonne remplit donc sa part du contrat.
Qu’attendez-vous désormais de l’État ?
Comme tous les Départements de France, toutes sensibilités politiques confondues, nous demandons solennellement à l’État d’assumer enfin ses responsabilités et de payer ses dettes aux Départements qui, depuis trop longtemps, servent de variables d’ajustement financier aux gouvernements successifs. L’État doit aujourd’hui mieux considérer les Départements et comprendre que pour contractualiser, il faut a minima être deux. Or, aujourd’hui, l’État se veut seul décisionnaire. Cela n’est pas acceptable. C’est pourquoi le combat que nous avons lancé l’an passé est toujours d’actualité : la mobilisation des élus locaux ne doit pas faillir pour être entendue jusqu’à Paris.



