47 Magazine - N° 40 : Décembre 2017

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JARRIGE-Lucie---situation-Fondation-L_Oreal.jpg Lucie Jarrige, boursière « L’Oréal-Unesco - Pour les femmes et la science », veut « repousser les limites de la chimie ».

Bourses « Pour les femmes et la science »

Les 30 boursières L’Oréal‑Unesco ont été sélectionnées parmi plus de 1 000 candidates par un jury indépendant composé d’académiciens. Ils ont tenu à récompenser l’excellence de leur niveau académique, l’originalité de leur projet scientifique, mais aussi leur désir de transmettre leur passion aux plus jeunes. Les bourses (15 000 € pour les doctorantes et 20 000 € pour les post‑doctorantes) leur donneront un coup de pouce dans leur carrière et leurs travaux de recherche.

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Portrait

Lucie Jarrige

Mi-octobre, la fondation L’Oréal a remis à 30 jeunes femmes scientifiques la bourse L’Oréal‑Unesco Pour les Femmes et la Science. Cette distinction permettra à la Monflanquinoise Lucie Jarrige, 26 ans, de participer à des congrès internationaux, de vulgariser la science auprès des scolaires et des centres anticancéreux, d’affirmer la place des femmes chercheuses dans le monde et de poursuivre sa carrière à l’Université d’Oxford.

Lucie Jarrige respire la fraîcheur, la modestie, l’intelligence. Elle escalade avec humilité, courage et parfois rage les obstacles que la vie a dressés sur son chemin. Née à Monflanquin, elle y fait ses classes, décroche son bac au lycée Bernard Palissy à Agen, obtient sa licence de chimie à l’Université Bordeaux 1 et son master en synthèse organique à l’Université Paris Sud XI en 2014, majore de promotion. Aujourd’hui doctorante à l’Institut de Chimie des substances naturelles de l’Université Paris Saclay, forte d’un Bac + 8, elle avoue « une certaine expérience  ».

Petite, elle voulait être pharmacienne pour soigner les gens. À 15 ans, sa vie est chamboulée par un cancer de l’os du genou, causant l’amputation de sa jambe. Le déclic se produit : elle sera chimiste. Aujourd’hui, son travail et sa thèse portent sur le développement de nouvelles méthodes de fabrication de médicaments, plus respectueuses de l’environnement, ne générant aucun déchet. C’est la chimie verte. Elle construit aussi de nouvelles molécules dont 50 sont à l’étude à l’Institut Curie pour évaluer leur activité biologique potentielle. Une molécule donnera peut-être un nouveau médicament !

Au club d’escalade sportive de Massy (Essonne), elle a découvert non pas une molécule mais, une autre façon de dépasser ses limites. Championne du monde de handi‑escalade en 2016, elle vient de remporter une manche de la Coupe du Monde d’escalade à Sheffield (Angleterre) et compte bien participer au futur championnat en Autriche en 2018. Ces résultats lui valent d’être honorée lors de la soirée des Trophées des champions.

Lucie travaille à l’Institut de Chimie des substances naturelles au sein du campus du CNRS de Gif‑sur‑Yvette (Essonne), dans une équipe de 10 personnes.

Bourses « Pour les femmes et la science »

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