47 Magazine - N° 74 : Octobre 2026

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Éducation : les conditions de la réussite

Le 3 septembre, au lendemain du retour des collégiens en classe, Sophie Borderie, présidente du Conseil départemental et Alexandre Falco, inspecteur d’académie (Dasen), se sont retrouvés à Penne d’Agenais. De leurs échanges ressort une volonté commune, celle de répondre aux défis de demain, tels que la transition énergétique, l’alimentation, le numérique ou l’inclusion de tous. Objectif : créer les conditions les plus favorables à la réussite des jeunes lot-et-garonnais.

Rentree-scolaire-2026-2027---Dept-47-XC.JPG + de 12 000 collégiens dans le département

Quel bilan faites-vous de cette rentrée ?

Alexandre Falco : Elle est marquée par la baisse des effectifs, dans le premier comme dans le second degré, dans un contexte de baisse démographique : entre 2018 et 2025, le département a enregistré 508 naissances de moins. Pour autant, les conditions d’encadrement s’améliorent. Avec 73 enseignants stagiaires accueillis cette année, soit 28 de plus qu’en 2025, le département renforce ses effectifs et confirme son attractivité.

Sophie Borderie : Cette rentrée traduit un engagement concret du Département pour les collèges : nos quelque 300 agents ont préparé les établissements durant l’été, tandis que les travaux et interventions nécessaires ont été réalisés avant la rentrée. Le Plan Collèges, doté de 83 M€, entre dans sa dernière phase. Nous veillons aussi au quotidien. Restauration, entretien, équipements, numérique et accompagnement des projets éducatifs doivent concourir à un même objectif : offrir aux 12 160 collégiens un cadre propice à leur réussite.



Cette rentrée intervient dans un contexte climatique qui bouleverse nos habitudes. Après un été exceptionnellement chaud, quelles conséquences cela a-t-il pour l’école ?

A. F. : Face aux épisodes de fortes chaleurs, tous les acteurs locaux se sont mobilisés dès les premières alertes, afin d’adapter les conditions d’accueil dans les écoles et les établissements. À la demande du Recteur, un plan canicule structuré a été élaboré. L’objectif est de sécuriser au mieux les conditions d’accueil et d’apprentissage, tout en garantissant la continuité pédagogique, y compris dans un contexte climatique dégradé.

S. B. : Le changement climatique nous oblige à adapter durablement les établissements. Cela passe par des bâtiments mieux isolés, des protections solaires, des espaces plus végétalisés et une attention portée au confort thermique des élèves comme des agents. Le Plan Collèges intègre déjà cet enjeu. Mais nous devons changer d’échelle et désormais penser chaque rénovation avec cette exigence : des établissements plus sobres, plus confortables et mieux préparés aux épisodes de chaleur. Pour parer au plus urgent, nous avons prévu d’engager des actions avant le printemps prochain.



Peut-on encore penser les apprentissages indépendamment des conditions dans lesquelles ils se déroulent ?

A. F. : Les conditions matérielles d’accueil constituent aujourd’hui un facteur déterminant de la réussite éducative. La qualité des bâtiments scolaires joue un rôle essentiel dans les conditions d’apprentissage. Le confort thermique contribue directement au bien-être des élèves et des personnels ainsi qu’au maintien de leur attention. Ces enjeux ne peuvent plus être considérés comme secondaires : ils constituent de véritables leviers pour garantir à tous les élèves des conditions d’apprentissage équitables et de qualité.

S. B. : C’est précisément le sens de notre action. Un élève apprend mieux dans un collège confortable, accessible, bien équipé et où il se sent bien. Le Plan Collèges agit sur les bâtiments, les gymnases et les espaces de vie. Le Plan e-collège a permis de relier tous les établissements au très haut débit et de renforcer les équipements numériques. Et il y a aussi le repas : avec « Du 47 dans nos assiettes », nous travaillons sur une restauration fraîche, locale, de saison et bio. Les agents départementaux sont au cœur de cette qualité de service.



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Où se situe la complémentarité entre l’Éducation nationale et le Département ?

A. F. : La complémentarité entre l’Éducation nationale et le Département repose avant tout sur une responsabilité partagée au service de la réussite et du bien-être des élèves. Une réflexion commune est engagée pour adapter les infrastructures aux besoins futurs, prévenir les disparités territoriales et garantir une offre scolaire équilibrée. Cette coopération permet de mutualiser les ressources, de croiser les expertises et de construire collectivement l’école de demain. Elle est également essentielle en matière de protection de l’enfance, pour repérer, signaler et prendre en charge les situations de violence.

S. B. : Nos compétences sont différentes, mais notre responsabilité est commune. Le Département agit sur les collèges, les bâtiments, les équipements, la restauration et les agents départementaux. L’Éducation nationale porte les enseignements, les équipes pédagogiques et les apprentissages. Mais la réussite d’un élève ne se découpe pas en compétences administratives. Nous devons donc travailler ensemble, notamment sur le climat scolaire, la lutte contre le harcèlement, la protection de l’enfance, l’accompagnement des usages numériques et l’égalité filles-garçons. J’attends de cette coopération qu’elle soit très concrète, au plus près des établissements et des élèves.



Les enfants qui entrent aujourd’hui à l’école ne seront pas les mêmes citoyens et les mêmes travailleurs demain. Que doit donc leur apporter l’école ?

A. F. : L’un des enjeux majeurs consiste à lutter contre les déterminismes territoriaux et de genre. Les écarts d’accès à l’enseignement supérieur en témoignent : en zone rurale, 69,6 % des garçons poursuivent leurs études dans le supérieur, contre 73,4 % en moyenne pour l’ensemble des garçons et des filles. Une mobilisation générale en faveur de la lecture est également prévue. L’intégration de l’intelligence artificielle doit permettre de travailler ses usages et ses enjeux, dans le cadre plus large de l’éducation aux médias et à l’information et de l’analyse critique des contenus.

S. B. : L’école doit transmettre des savoirs, mais aussi donner à chaque jeune les moyens de comprendre le monde et d’y prendre sa place. Cela passe par la lecture, l’esprit critique, le numérique, l’éducation aux médias, mais aussi par l’égalité, la citoyenneté et le respect des autres. Le Département y contribue avec la Convention éducative, le Conseil départemental des jeunes, les actions contre le harcèlement et les discriminations et le programme d’égalité filles-garçons. Et « Du 47 dans nos assiettes » montre aussi qu’apprendre, c’est savoir prendre soin de soi, des autres et de son environnement.



À quoi doit ressembler l’école de demain ?

A. F. : Elle doit continuer à travailler en partenariat pour mieux construire, unir, protéger et anticiper. Permettre aux élèves d’acquérir les compétences du XXIe siècle est fondamental afin d’aborder sereinement les transformations climatiques, technologiques, économiques et démographiques. L’école de demain devra donc être à la fois un lieu d’apprentissage, de protection et d’émancipation, capable de préparer chaque élève aux évolutions du monde qui l’entoure.

S. B. : Je souhaite une école qui ne soit pas seulement un lieu où l’on transmet des connaissances, mais un lieu où l’on apprend à vivre ensemble, à exercer son esprit critique et à devenir autonome. Une école adaptée aux changements climatiques et numériques, attentive à l’égalité des chances et au bien-être. Pour le Département, cela signifie des collèges durables, accessibles et bien équipés, une restauration de qualité, des agents reconnus pour leur rôle essentiel et des partenariats solides avec l’Éducation nationale. L’école de demain sera celle que nous construirons ensemble.

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