L’accès au numérique, la lutte contre l’isolement, la conduite d’un véhicule, l’entretien des facultés physiques, l’adaptation de l’habitat… sont autant d’actions qui visent à préserver le capital autonomie des personnes de 60 ans et plus, à prévenir et à retarder la dépendance. La loi d’adaptation de la société au vieillissement du 28 décembre 2015 a créé une Conférence des financeurs de la prévention de la perte d’autonomie dans chaque département.
Présidée par le Conseil départemental, en tant que chef de file de l’action sociale sur le territoire – la vice‑présidence étant assurée par l’Agence régionale de santé (ARS) –, elle réunit des caisses de retraite, la Caisse primaire d’assurance maladie, la Mutualité et l’Agence nationale de l’amélioration de l’habitat. L’une des premières initiatives de la Conférence a été de lancer en juillet 2016 un appel à projets. 22 actions collectives ont ainsi vu le jour. Elles sont portées par 20 structures différentes : communes, centres communaux d’action sociale, associations, services d’aide à domicile, maisons d’accueil rurales pour personnes âgées et foyers logements.
Beaucoup abordent le thème du maintien et de l’entretien des facultés physiques : « Jardin’âge » de l’association Le Creuset, « Prévention des chutes » de la fédération ADMR et de l’association Siel Bleu, « Mémoires et souvenirs en part’âges » de la commune de Casseneuil… De son côté, l’association Brain up composée de professionnels en (neuro) psychologie, psychomotricité et diététique organise des conférences et des ateliers sur le thème de la conduite d’un véhicule. Les actions concernant la lutte contre la fracture numérique sont également au programme.
La fédération UNA 47 (Union nationale de l’aide, des soins et des services aux domiciles) propose des ateliers numériques pour aider les seniors à se familiariser ou se perfectionner avec l’outil informatique (ordinateur et tablette). Le Bus numérique de l’organisme de formation « Solution pour une vie pratique » va quant à lui au plus près des seniors. Pour garantir un service de proximité dans les territoires ruraux, l’association Soliha s’est également dotée d’un Bus de l’autonomie. Objectifs : informer et sensibiliser à l’adaptation de l’habitat (lire ci‑contre).
Les 22 actions, quel que soit le thème traité, luttent aussi contre l’isolement. En effet, en participant aux ateliers ou conférences, nos aînés se rencontrent, discutent, sortent de chez eux.
Après avoir réussi à mobiliser de nombreux acteurs locaux, le Département entend entretenir la dynamique avec le concours de la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie). Aussi, il a lancé en début d’année, avec la Conférence des financeurs, un second appel à projets qui se déroule en deux étapes. La première s’est terminée en avril et la deuxième prendra fin en septembre. Le 10 mai, le Conseil départemental a donc déjà pu examiner 20 projets dont des nouveautés. La diversité des actions proposées sur l’ensemble du territoire permettra à nos aînés d’en trouver une adaptée à leurs besoins.
Le mot de Sophie Borderie
Vers le papy‑boom
Le Département s'engage
Les seniors peuvent se familiariser ou se perfectionner avec l‘outil informatique (ordinateur et tablette) grâce aux ateliers numériques proposés par la fédération UNA 47 (Union nationale de l‘aide, des soins et des services aux domiciles).
Si on veut que le vieillissement soit une opportunité heureuse, il faut prendre des mesures maintenant. La diffusion de messages de prévention sur l’activité sportive, l’alimentation, l’entretien du capital intellectuel, la mobilité, l’adaptation du logement… est essentielle. En suivant les conseils dispensés par des spécialistes, nos aînés pourront rester en bonne forme plus longtemps, conserver une vie sociale et rester à leur domicile.
Sophie Borderie,
vice‑présidente du Conseil départemental en charge de l'Action sociale, de l'Insertion et de l'Habitat
Vers le papy-boom
Selon les projections démographiques* réalisées par l’Insee, les personnes âgées de 0 à 65 ans augmenteront peu d’ici à 2041. En revanche, celles âgées de 65 ans et plus augmenteront de manière importante d’ici 2021, 2031 et 2041. Le taux global d’évolution de cette tranche de population entre 2012 et 2041 devrait être de 57,3 %. En conclusion d’ici 25 ans, il y aura plus de personnes (très) âgées que de jeunes. Il est donc important de mettre en place des actions destinées à prévenir la perte d’autonomie. L’objectif est de les aider à bien vieillir.
* Combinaison de trois composantes du renouvellement de la population : mortalité, fécondité mouvements migratoires.
Le Département s'engage
Le Département a adopté fin 2016 son Schéma départemental pour l’Autonomie 2016 – 2020. Jusque‑là, il élaborait deux documents distincts : le schéma gérontologique départemental et le schéma du handicap départemental. En décloisonnant ces deux secteurs, il renforce l’efficacité de son action. Le Schéma pour l’autonomie permet en effet d’optimiser et de mutualiser les moyens et les compétences. Il répond aussi aux orientations nationales impulsées notamment par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) à la suite de l’adoption de la loi de décembre 2015 relative à l’adaptation de la société au vieillissement.
Il a été construit autour de quatre axes : « Construire une nouvelle gouvernance des politiques de l’autonomie en Lot‑et‑Garonne » ; « Soutenir le développement local de l’autonomie » ; « Un soutien à l’autonomie adapté aux besoins » ; « Assurer la participation citoyenne de tous et favoriser le vivre ensemble ».
Autonomie
Bien vieillir en Lot‑et‑Garonne
L’allongement de l’espérance de vie est synonyme de progrès, mais aussi de défis pour notre société qui doit faire du « bien vieillir » un objectif prioritaire. L’enjeu est de prévenir la perte d’autonomie des jeunes seniors, dès l’âge de 60 ans, pour repousser la dépendance. Pour cela, la loi d’adaptation de la société au vieillissement a créé une Conférence des financeurs dans chaque département. Explications.
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