Ayant reçu l'autorisation de démarrer son activité d'auto-entrepreneur deux jours après le début du confinement, le foulayronnais Rémi Lamon a été l'un des premiers à se lancer dans la fabrication de visières de protection. « Avec mes deux imprimantes 3D tournant de 8 h à minuit, j'en sortais 50 par jour. Je les ai offertes aux professionnels de santé, mairies, gendarmeries... J’avais limité les commandes à 10 visières, car j’en recevais beaucoup. » En échange d'une participation financière pour l'achat de la matière première, un réseau d'impression 3D s'est ensuite rapidement déployé notamment à Tonneins avec ADN3D et à Condezaygues avec ACIS.
Sur le Monflanquinois, la société Diffujour a provisoirement délaissé son activité de fabrication d'abat-jour pour faire des masques. « Six couturières en ont réalisés en moyenne 200 par jour. Nous en distribuons aux artisans, agriculteurs, commerçants, mairies... », raconte Noëlle Pelatan. Un peu plus loin, LBPierre, fabricant de produits à base de pierres reconstituées, a fait tourner son imprimante 3D à plein régime. Les quelque 800 masques fabriqués ont été offerts aux pharmacies, Ehpad et cabinets médicaux du territoire. « Ce n'est qu'une goutte d'eau, mais nous faisons le maximum »; témoigne le gérant Arnaud Beuvin.
Des entreprises leader en Lot-et-Garonne se sont également engagées. Par exemple, Albatros à Port-Sainte-Marie, spécialisée dans la fabrication sur-mesure d'appareillage paramédical, a répondu à l'appel de l'association des maires ruraux du 47 pour confectionner des masques en s'appuyant sur l'expérience de ses sept couturières. « Il nous a fallu quelques jours de mise en route car c'était une première. Nous en faisons mille par jour maintenant », confie la responsable Camille D'Huyvetter. De même, le laboratoire Innovi à Layrac (santé, nutrition, phytosanitaire, cosmétique) s'est réorganisé pour produire du gel et des solutions hydroalcooliques offerts aux personnels soignants et entreprises locales.
Seule entreprise du Lot-et-Garonne à posséder un agrément de l’Agence nationale de la santé et du médicament, Innovi fabrique aussi des embouts plastiques utilisés pour la reconversion des masques de plongée en respirateurs artificiels. « Nous avons aussi travaillé sur la production d'un outil fabriqué à base de maïs (le sécuripasse) pour appuyer sur un bouton, ouvrir une porte... sans avoir de contact », complète Alexandra Fregonèse, responsable d'Innovi.
À vos machines !
Les couturières professionnelles ont également été extrêmement sollicitées. Aidée par sa mère et sa sœur, Josette Perucca (Fée Couture à Agen) a produit 30 masques sur-mesure par jour pour les particuliers et les bébés. À Marmande, l'artisane d'art et fileuse de verre Françoise Gonthier (Bulle Dame) a troqué son chalumeau pour la machine à coudre. « J'ai travaillé dur pendant plus d'un mois pour fabriquer 700 masques pour les soignants et les particuliers. » Pas très loin, l'association « Bougeons-nous 47 » est la seule à faire des sur-blouses pour les personnels soignants et les aides à domicile. « Nous récupérons des films agricoles contre le gel offerts par un généreux donateur et nous les cousons à la maison. Nous sommes 7 à la couture et 3 à la découpe », raconte la présidente Fatima Figues. Citons aussi Carine Lafaure qui, privée d’activité (institut de beauté Créabeauté à Bon-Encontre), a offert son stock de gants, gels, charlottes et masques aux auxiliaires de vie, infirmières et caissières de supermarché. Enfin, le collectif « Masques solidaires en Villeneuvois » compte (au 5 mai) 22 couturières, 6 livreurs et 10 personnes à la découpe. « Ceux ne sachant pas coudre, mais voulant aider, gèrent la livraison », explique Serge Huc, un des membres du collectif. Bien d’autres bénévoles ont aussi réalisé des masques, preuve qu’en Lot-et-Garonne la générosité est inscrite dans l’ADN.



