47 Magazine - N° 25 : Décembre 2013

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_DSC4181.jpg Cet été, les Baladins étaient sur scène pour fêter comme il se doit leurs 40 ans.

Une fin d’année sur scène...

C’est un programme festif, à l’image de leur réputation, que les Baladins ont mis sur pied pour les fêtes de fin d’année. Depuis le 6 décembre et pour cinq représ­entations (les 6, 7, 13, 14 et 15 décembre), Roger Louret rechausse les talons aiguilles de Mme Marguerite, un one man show époustouflant qu’il avait déjà mis en scène dans le passé pour Annie Girardot. Pour être complètement disponible à son jeu de comédien, Roger Louret, dans un coup de poker dont il est coutumier, en a confié la mise en scène à un néophyte : Remi Boubal. Compositeur de musiques de scène pour le théâtre et la télévision, ce pianiste est fasciné par les rapports entre la musique et l’image. Au printemps dernier, il gravissait aussi les marches du festival de Cannes.


Autre ambiance à partir du 20 décembre. Place au disco avec Stella Koumba Koumba qui a bouleversé le public de Monclar fin octobre par sa vibrante interprétation du répertoire de Piaf. À ses côtés, Gilbert Pascal, Lucile Luzely et Angélique Panchéri dont le dernier spectacle Le démon de midi était récemment en tête d’affiche à Monclar.


Et pour terminer l’année en beauté, c’est une comédie musicale que proposent les Baladins.

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Roger Louret intime

« Avec Francis Cabrel, je partageais un jour cette réflexion : " Qu’est‑ce qu’elles nous ont donc fait nos collines pour qu’on n’arrive pas à s’en détacher ? " Je suis né à Coulx. J’ai émigré à Montastruc avant de venir à Monclar‑d’Agenais créer Les Baladins. Pourquoi Monclar ? Tout simplement parce que ma mère y tenait un bistrot et que c’était la seule personne assez folle pour nourrir gracieusement une vingtaine de comédiens. Ce bistrot m’a fourni tous les personnages de mes comédies. Je suis viscéralement attaché à ce coin. Je suis quelqu’un de la terre. J’ai une grande fidélité aux gens. Monclar me permet de ne pas tout accepter à Paris. Ici, je suis libre de faire ce que je veux. On ne peut pas faire un métier de création si on n’est pas libre. »

Qu’est‑ce qu’elles nous ont donc fait nos collines pour qu’on n’arrive pas à s’en détacher ?

Roger Louret

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Les Baladins à Monclar‑d’Agenais

40 ans de succès

Cela devait durer l’espace d’un été. En 1973, avec une bande de jeunes comédiens, Roger Louret débarque à Monclar‑d’Agenais, son village natal perché au milieu de nul part, avec l’idée extravagante d’y créer un festival de théâtre. Aujourd’hui, la troupe des Baladins fête ses 40 ans !

Les décennies ont passé et ne se sont pas ressemblées pour les Baladins. Il y a 40 ans, le « jeu » devait pourtant durer 2 mois... C’était sans compter sur leur succès ! Déjà, !Roger Louret savait « créer » pour satisfaire le public. Alors en 1975, il investit le café‑bar de sa mère et y fonde Les Baladins en Agenais avec Marianne Valérie, Nicolas Marié et une poignée de comédiens venus de Paris et payés à la pièce.


Programmation


C’est l’époque où les jeunes qui rêvent de vivre sur les planches viennent poser leur sac à Monclar. Roger Louret a l’art de détecter parmi eux de jeunes talents et leur donne leur chance. Monclar sera ainsi le tremplin de toute une génération d’artistes qui jouent aujourd’hui sur les plus grandes scènes ; dix d’entre eux sont aussi entrés à la Comédie française.


Incontournable metteur en scène de one man show, Roger Louret met sa griffe sur les spectacles des maîtres du genre : Mimie Mathy, Pierre Palmade et encore tout récemment Guy Bedos avec son dernier spectacle Rideau.


Pendant des années, les Baladins vont sillonner le Lot‑et‑Garonne à la rencontre du public. La troupe entreprend ses tournées d’hiver jusque dans les plus petits villages, jouant dans les granges, les comédiens changeant parfois de costume dans la neige.


La fièvre ne retombe pas, les Baladins lancent en 1985 le pari fou des « Nuits du Théâtre ». La dernière en 1989 réunira une centaine de comédiens jouant, au cours d’une même nuit, 65 pièces devant 20 000 spectateurs dans 8 lieux différents !


À Monclar, les pianos sont omniprésents. C’est avec cet instrument de prédilection (et avec la danse) que Roger Louret a commencé au conservatoire et qu’il utilise lors de ses spectacles musicaux qu’il a contribué à remettre au goût du jour. Les années twist sera d’ailleurs récompensé par un Molière en 1995. L’aventure le mène jusque sur les plateaux de TF1 pendant 5 ans avec Les années tube.


Éclectique, Roger Louret ne délaisse pas pour autant les auteurs contemporains et classiques. Il est le premier à monter en France les pièces d’Arthur Schnitzler et de Mishima et sa mise en scène de L’Avare le fera entrer dans le petit cercle des meilleurs interprètes d’Harpagon.


Quarante ans plus tard, et malgré quelques vicissitudes, sa passion et son envie sont intactes. Tout l’hiver dernier, il s’est promené chez lui sur des chaussures à talons aiguilles pour se préparer à jouer Mme Marguerite, punaisant jusque dans sa salle de bains les textes de la pièce.

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