Vous dites avoir découvert les échecs à dix ans et n’en être jamais sorti. De la passion au bénévolat, n’y aurait‑il qu’un pas ?
Au sein d’un club, on est toujours plus ou moins bénévole jusqu’au jour où, à la suite de la démission du président, on vous sollicite pour lui succéder. Comment dire non quand pendant des années vous avez bénéficié du travail réalisé et que vous savez qu’il faut en pérenniser la dynamique. Depuis cinq ans, je suis donc davantage président que joueur. En tant qu’ancien professeur, je sais aussi ce que signifie « transmettre » un savoir, un savoir‑être, un savoir‑faire. J’ai franchi le pas dans cet esprit de continuité, de manière peut‑être un peu inconsciente car je n’imaginais pas que, derrière la fonction, il y avait une gestion lourde qui m’éloignerait un peu de l’échiquier. Joueur en Nationale 3, je dois m’entraîner et n’en ai plus vraiment le temps. Hélas…
Expliquez‑nous votre rôle ?
Il va de l’intervention dans les écoles, à l’école d’échecs et aux cours pour adultes. J’assure deux permanences par semaine, mais je suis souvent‑là, le club étant ouvert six jours sur sept ! Je suis en charge des relations publiques. Tout cela représente un investissement en temps et en énergie. Nous avons organisé à Agen deux championnats de France adultes en 2016 et 2017. Ils ont drainé 900 joueurs plus les accompagnants. Cette année, nous aidons la Fédération Française à organiser le championnat de France d’échecs jeunes qui se tient du 15 au 22 avril au Centre des congrès.
Y a‑t‑il de la graine de champion parmi vos adhérents ?
L’équipe première évolue en Nationale 1. L’Échiquier agenais compte dans ses rangs plusieurs maîtres. Nous avons également de jeunes joueurs talentueux en Nationale 2 avec de belles perspectives de progrès. Parmi eux, peut-être, un nouveau Thibault Fantinel, maître international formé au Club ? Pour mémoire, nous avons eu six titres de champion l’an dernier lors du championnat de Lot‑et‑Garonne jeunes et de belles victoires en Régionale. Cette année, notre ambition est d’atteindre la demi‑finale de la Coupe de France et la 3e place de la coupe 2 000 qui classe les meilleurs joueurs internationaux.
Avec un budget de 70 000 euros et deux emplois salariés (un emploi Sport et un contrat d’accompagnement à l’emploi), quels sont vos objectifs ?
J’aimerais faire des émules et augmenter le nombre d’adhérents. Pour les accueillir, nous avons besoin d’une salle plus grande. Les 44 m² actuels ne peuvent contenir qu’une quinzaine de personnes et, situé au troisième étage sans ascenseur, le club ne peut pas accueillir les personnes handicapées. J’entends aussi pérenniser les emplois. 2018 s’annonce donc comme un challenge alors que le club va fêter ses 77 ans.
* 68 adultes et 71 jeunes
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